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N° 29 - février 2010
Le poker immobilier : mettre en vente pour voir…
VERSAILLES+ : Pour quelles raisons les prix de l’immobilier ne baissent pas, en apparence, alors que les médias annoncent des chutes du niveau des transactions et des corrections de prix dans le neuf comme dans l’ancien ?
John KAVRAKOFF (directeur MONTE CRISTO Immobilier): Vous
avez raison de préciser « en apparence » car ils
baissent. Nous traversons encore la crise économique qui a
débuté en septembre 2008 avec la faillite
retentissante de la Banque américaine Lehman Brothers.
Comme d’habitude, l’économie française essuie
les conséquences de la crise américaine où,
notamment, on enregistre des baisses de prix record dans
l’immobilier. Dans la même position où ils se
trouvaient pendant la crise de la guerre du Golfe des années 90,
les propriétaires, qui souhaitent vendre leur bien, acceptent
l’idée de baisser leurs prétentions mais avec un
certain décalage temporel par rapport à la demande.
Demande fortement influencée par les médias.
Selon le
principe que l’acquéreur commande puisqu’il paie, il
est logique que les professionnels de l’immobilier
reflètent ses besoins et son budget émanant des
acquéreurs. Ici se trouve un point de désaccord avec un
certain nombre de propriétaires-vendeurs qui
refusent l’expertise du marché actuel et rechignent
à adapter leur prix de vente pour plusieurs raisons : soit ils
ont acquis récemment leur bien à un prix
élevé et souhaitent ne pas perdre trop en revendant, soit
ils s’entêtent à croire que la crise
économique touche à sa fin et maintiennent leurs
prétentions, soit ils ont opté pour la mise en vente
d’abord (on n’est pas pressé puisqu’on
n’a pas acheté …) et attendent qu’un
acquéreur inespéré accepte leur prix hors
marché.
VERSAILLES+ : Le marché immobilier est en déficit d’offres de biens à vendre et à louer. Comment expliquer cette situation ?
John K :
2009 a été une année difficile pour tout le monde.
On a observé une baisse du niveau des transactions et des prix
pour les affaires conclues chez le notaire. Les acquéreurs sont
toujours très motivés grâce notamment au niveau
historiquement bas des taux d’intérêt (3,60 %
à taux fixe sur 25 ans en ce moment) mais résistent
légitimement à l’idée de payer un
prix trop élevé pour un logement … qui n’est
pas toujours de qualité. Certains vendeurs ne présentent
pas leur bien immobilier sur le marché attendant de meilleurs
jours.
VERSAILLES+ : quel type de vendeurs s’aventurent tout de même sur le marché ?
John K : heureusement, il y a des propriétaires qui veulent et peuvent concrétiser leur projet. Ils n’hésitent pas à mettre en vente leur bien, soit pour changer de localisation (mutation professionnelle, départ en retraite, etc.), soit pour modifier la taille de leur logement (plus ou moins d’espace), soit pour changer de type d’habitation (maison ou appartement). Ceux-là méritent toute l’attention de nos acquéreurs. Il existe en revanche des propriétaires qui, comme dans le Poker, mettent en vente leur bien mais sans vraiment être prêts à le céder. Ils acceptent de payer quelques annonces sur des sites internet d’annonces immobilières … pour voir. Ces parutions ne sont pas très chères et surtout ne les obligent pas vraiment à vendre ! Il y a mille et un moyens de ne pas donner suite à une offre d’achat. L’incertitude est une des singularités du particulier à particulier.
Ce qui
explique le refus catégorique de certains vendeurs à
confier leur bien à une agence immobilière. En signant un
mandat de vente avec un professionnel, ils doivent respecter une
obligation majeure du contrat à savoir : qu’ils
s’engagent expressément à vendre si on leur
présente un acquéreur au prix du mandat. On comprend ainsi la réticence de certains à l’égard des agences immobilières dont l’objectif est de conclure l’affaire avec les acquéreurs qu’elles présentent et non de leur amener des clients qui les confortent seulement dans l’estimation de leur bien. La signature d’un mandat de vente avec un professionnel démontre sa volonté de céder un bien. Le propriétaire doit, par ailleurs, sélectionner l’agence en fonction de ses compétences.
En 2008 et en 2009, MONTE CRISTO Immobilier a conclu, en moyenne, UNE TRANSACTION SUR TROIS MANDATS DE VENTE SIGNÉS.
C’est un gain de temps pour les acquéreurs de savoir que
nos clients propriétaires sont des vrais vendeurs. C’est
également une preuve de notre efficacité pour les autres
propriétaires qui travaillent déjà avec des
agences mais sans résultat concret. Contactez nous pour
connaître nos atouts qui font la différence !
A bientôt
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N° 28 - janvier 2010
Et revoila les marchands de rêve …
VERSAILLES+ : L’année 2010 est arrivée avec son cortège naissant de vendeurs et d'acquéreurs d’un bien immobilier. Y a-t-il du nouveau parmi les acteurs de votre profession ?
John KAVRAKOFF (directeur de Monte Cristo Immobilier) : Pas vraiment. Plutôt une recrudescence de « ceux qui vendent mieux que les autres ». Les marchands de rêve sont de retour et réapparaissent. Les propriétaires ou acquéreurs, qui ont déjà eu affaire à eux, les connaissent. L’argumentation reste la même : pas de vitrine d’agence immobilière superflue, honoraires low cost réduits à 1 ou 2 % du prix de vente, pas ou presque pas de personnel et Internet seulement comme budget publicitaire ! Je rappelle aux propriétaires qui souhaitent mettre en vente leur maison ou appartement dans les prochains jours que les moyens mis en oeuvre par ces intervenants qui les sollicitent sont plus que limités et leurs résultats souvent décevants. Notons que leur rentabilité dépasse largement celle des agences traditionnelles avec pignon sur rue alors qu’ils se présentent comme des « professionnels économiques ». Leurs honoraires se rapprochant de ceux des véritables agents dans de nombreuses négociations alors qu’ils n’ont pratiquement rien investi et n’offrent aucun service comparable…
Versailles + : L’argument du taux de commission initial semble toucher les propriétaires. Que leur proposent les agences traditionnelles que vous citez régulièrement dans ces colonnes ?
John K :
Je reconnais une envie de défendre la profession
immobilière telle qu’elle est exercée par certains
confrères et qui respectent des règles commerciales et
des principes de déontologie reconnue. Dans la plupart des pays
européens et anglo-saxons (comme les USA), le rôle du
professionnel de l’immobilier est reconnu comme régulateur
du marché, indispensable pour sa maîtrise juridique de la
transaction et la sécurité de
l’expérience économique du marché. Nous
travaillons pour parvenir à cette reconnaissance en France. Il
ne suffit pas d’adhérer à une organisation
syndicale, d’appartenir à un réseau
d’agences, ou de détenir une franchise pour se
proclamer « agent immobilier efficace ». La satisfaction
des clients ne s’achète pas, elle se mérite
avec le travail. MONTE CRISTO Immobilier est recommandée, comme
d’autres confrères, solidement implantés, par des
notaires pour la qualité de ses prestations et la
régularité de ses résultats. En 2008 et en 2009
nous avons conclu, en moyenne, UNE TRANSACTION SUR 3 MANDATS DE VENTE SIGNÉS.
Nous
offrons principalement la possibilité de réussir une
transaction au meilleur prix et dans les meilleures conditions, sans
nous contenter de l’écrire sur la page d’accueil de
notre site internet ou de le proclamer dans un beau discours. Il faut
travailler tout au long de l’année et les vrais
professionnels le savent : c’est un métier âpre qui
nécessite beaucoup de disponibilité humaine,
d’investissement financier et d’expérience
professionnelle.
SEULE LA MULTIPLICATION DES ACTIONS COMMERCIALES
permet d’assurer la meilleure transaction au meilleur prix. Il
est indispensable d’investir dans les supports médiatiques
les plus influents : les sites Internet d’annonces
immobilières (et pas seulement pap.fr ou seloger.com !) et les
magazines locaux ou régionaux, d’effectuer des campagnes
d’affichage, de mailing et de phoning ciblées, afin que
l’affaire confiée rencontre le plus
d’acquéreurs potentiels. Il y a le travail quotidien de
relance du fichier d’un millier de clients, l’accueil des
nouveaux prospects et le relationnel de l’équipe que
l’on met en oeuvre. SEULE une vraie force de vente
composée de plusieurs conseillers est capable de gérer
l’ensemble de ces tâches avec efficacité. Tout cet
arsenal d’actions commerciales et le suivi qualitatif de la
clientèle nécessitent des moyens humains et financiers
ayant un coût… qui ne peut s’amortir avec une
commission de 1 ou 2 % du prix de vente d’un bien immobilier.
VERSAILLES+ : À ce sujet, à quel moment l’agent immobilier est-il rémunéré ?
John K :
À la conclusion de l’acte notarié, contrairement,
par exemple, au médecin qui l’est à chaque
consultation ou à l’avocat qui est payé à
l’heure ou au forfait… sans obligation de résultat.
Le modèle économique low cost n’est donc pas viable
et ne permet pas d’assurer un budget publicité
conséquent sur toute l’année et le management
d’une équipe de commerciaux. Résultat : le
fichier de clients potentiels de ces micro- structures reste donc
très pauvre. Il y a, en réalité, beaucoup moins de
possibilités de « vendre mieux » avec ces
intervenants et plus de sécurité à confier son
affaire à des professionnels « classiques » dont la
notoriété est établie.
Meilleurs voeux et bonne année 2010 à tous.
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N°
27 - décembre 2009
Et le bien-être dans tout ça ?
VERSAILLES
+ : Les marchés financiers évoluent en dents de scie,
l’immobilier est en baisse de 10 % sur les 12 derniers mois, les
indicateurs économiques, sociaux et politiques sont dans le
rouge. Dans la lignée du précédent
éditorial « les chaises musicales de l’immobilier
», quel est lemoral des clients qui sollicitent votre avis ?
John KAVRAKOFF (directeur de MONTE CRISTO Immobilier):
Il n’est pas optimiste et nous constatons, comme dans toutes les
périodes de crise, quelques mouvements de nervosité. On
doit toujours vendre
ou acquérir un logement à un moment de sa vie :
évolution de la famille (naissance, mariage, divorce,
décès), mutation professionnelle, désir
d’accéder à la propriété, besoin
d’investir, etc. Les raisons sont multiples, les dilemmes aussi.
L’absence de transparence des informations créant la
perplexité et l’énervement de beaucoup. Il faut
pourtant se décider…
Chaque cas
est différent. Exemple : dans l’éditorial de
décembre 2008 « vaut-il mieux acheter ou louer son bien
immobilier ? », j’avais analysé les
conséquences des deux choix (voir tous les derniers sujets en
cliquant sur l’onglet « édito du mois » dans
notre site www.montecristo-immobilier. com). A l’heure actuelle,
je confirme toujours que c’est plus intéressant
d’acheter que de louer son logement grâce à la
baisse des taux d’intérêt. Pour nos
acquéreurs primo-accédants (qui acquièrent pour la
1re fois, ndlr), nous obtenons en ce moment des prêts à 25
ans de 2,85 à 3,80 %. Il est ainsi pratiquement possible
d’acquérir certaines surfaces sans apport avec une
mensualité à peine plus élevée que certains
anciens loyers qui ont trop augmenté (à cause de leur
indexation). Rappelons que les baux récents sont basés
sur l’indice de référence des loyers, publié
pour la 1re fois le 14 février 2008 pour les valeurs du 1er
trimestre 2006 au 4e trimestre 2007inclus, qui remplace l’indice
du coût de la construction qui augmente davantage chaque
année ! Que les candidats à l’accession à la
propriété s’obstinent donc à dénicher
dare-dare un logement. Ils ont raison. Il existe de nombreux agents
immobiliers professionnels et compétentsqui se tiennent à leur disposition !
VERSAILLES + : Comment se manifeste la « nervosité » des clients sur le marché immobilier ?
John K :Côté
propriétaires, il y en a qui souhaitent vendre mais
s’accrochent à des prix… irréels,
s’acharnant sur les sites internet de particuliers. Beaucoup
sacrifient une quantité considérable de temps et
d’énergie, pensant faire mieux que les professionnels
pourtant mieux dotés. D’autres accordent des mandats de
vente à des agences qui les sollicitent mais ne disposent pas de
véritable force de vente, ni de budget publicitaire,ni
d’un emplacement avec pignon sur rue et, par conséquent,
n’obtiennent pas le résultat escompté. Et certains
râlent parce que les médias « prétendent
» que l’immobilier repart… mais leur bien ne trouve
toujours pas preneur.
Côté
acquéreurs, l’impatience se manifeste aussi car ils
entendent un autre son de cloche, à savoir que les prix
baissent. Ils essaient des offres d’achat de déraisonnable
en vain. Ils ne trouvent pas de logement correspondant à leurs
besoins et leur budget. Certains évitent même les
professionnels, ne prospectant que les particuliers … qui
baissent encore moins leurs prétentions, par entêtement ou
manque de conseil ! C’est un cercle vicieux dont nous sortirons
forcément mais … dans plusieurs semestres. Et quid du
bien-être ? Heureusement, il y a tous les autres, ceux qui
profitent du bonheur d’avoir réalisé leur vente ou
leur acquisition, dans de bonnes conditions…
Félicitations à eux.
Versailles + : À titre personnel, comment voyez-vous l’évolution des transactions sur votre secteur ?
John K
: Concernant l’agence de Versailles, rue de la Paroisse, toujours
beaucoup d’animation et des transactions tous les mois,
grâce à des propriétaires réalistes et des acquéreurs qui nous marquent leur
confiance. L’agence du Chesnay, au bas du plateau Saint Antoine
accueille plus d’acquéreurs qui lui confient leurs projets
immobiliers que de vendeurs. Les 2 agences recherchent activement des
appartements familiaux et des maisons. A ce sujet, je constate la
non-objectivité de certains propriétaires qui pensent
mieux vendre leur bien en sélectionnant une agence
immobilière située à l’autre bout de la
ville voisine ou carrément dans un autre département
plutôt que celle située en bas de chez eux !
A qui la
faute de ne pas vendre le bien ? Peut-être le propriétaire
qui néglige l’avantage territorial évident de
l’agent immobilier de proximité et toutes ses ressources
commerciales. Ou bien sont-ce certains agents immobiliers, complices de
la cupidité de certains propriétaires, qui acceptent des
mandats de vente alors qu’ils n’ont pas la clientèle
appropriée, ni les moyens de la capter et de concrétiser
la vente? Les deux peut-être … Mais ne
généralisons jamais. En immobilier, ce qui est certain,
c’est que chacun choisit sa destinée comme il le veut, et
les moyens de réaliser ses objectifs comme il l’entend.
S’en suit un état d’énervement ou de
bien-être …
A bientôt
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N°
26 - novembre 2009
Les "chaises musicales" de l'immobilier ?
Quotidiennement,
nos conseillers sont confrontés à la même question
des acquéreurs : pourquoi n’y a-t-il pas beaucoup de
nouvelle affaire à vendre ? La réponse est plus
psychologique que certains médias veulent bien expliquer
à travers leurs enquêtes récurrentes
«les
prix par quartier» qui n’apportent aucun
intérêt, avec les références de tel ou tel
agent immobilier qui commente ses dernières transactions. La
faute n’incombe pas à mes confrères, (toujours
contents d’être cités dans un journal ou un
magasine) mais aux journalistes indolents qui ne leur demandent pas
leur avis sur l’aspect comportemental de la clientèle en
immobilier, ce qui est toujours beaucoup plus intéressant, mais
se bornent toujours à se faire livrer 3 ou 4 chiffres sur telle
valeur au m² ou vente effectuée. Et ainsi
est bouclé l’article à paraître
…
La
métaphore des « chaises musicales » semble propice
à cette analyse.
En effet, les propriétaires (comme les
joueurs assis sur une des chaises) attendent le signal musical pour se lever et changer de
place. Néanmoins, comme dans toute crise immobilière,
l’incertitude et le manque de visibilité ne leur
permettent pas de prendre le risque de mettre en vente leur bien
… sans l’assurance d’en retrouver un autre conforme
à leurs besoins et souhaits. Aussi, comme dans le jeu des
« chaises musicales », il faut prendre des risques pour
changer de logement. Ou bien l’on vend d’abord, ou bien
l’on acquiert. Et il faut s’y retrouver en matière
de coût ! Il y a des professionnels pour conseiller cette
transition, encore faut-il les consulter.
Les protagonistes du
marché immobilier mal conseillés optent souvent pour la
technique de la mise en vente « manifestement au-dessus du
marché » qui n’aboutit pas, rarement ou avec maintes
complications. La conséquence la plus répandue est
qu’ils ne vendent pas, donc n’acquièrent pas. Ainsi,
les joueurs qui ne quittent pas vraiment leur chaise initiale pour
celle qui est plus loin. Il y a blocage, comme dans un carrefour sans
feux où personne ne prend l’initiative de manoeuvrer ! Le
signal musical dans l’immobilier, vous l’aviez compris, ce
sont les médias qui influencent le cours de l’évolution des mutations et le comportement des
individus. Paraît-il qu’il y a un « parfum de reprise
» …d’après un grand hebdomadaire national
d’actualité paru la semaine dernière. Et si
l’on retrouvait le chemin de la communication et la confiance
entre le client et le professionnel ?
A bientôt
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N°
25 - octobre 2009
Quelle méthode d’estimation : informatique, relationnelle ou professionnelle ?
VERSAILLES
+ : lorsqu’on souhaite mettre en vente ou en location son bien
immobilier, il faut d’abord estimer le prix. Combien de
méthodes existe-t-il ?
John KAVRAKOFF (directeur de MONTE CRISTO Immobilier):
Il y en a autant que le propriétaire a envie de découvrir
s’il les recherche. Chaque méthode pour estimer son bien
apporte des avantages et des inconvénients, avec plus ou moins
d’impact sur la conclusion de la vente ou la location. La plus
trompeuse est, à mon avis, celle qui émane des multiples
sites internet … tous plus théoriques et imparfaits, les
uns que les autres. Ceux qui sont payants, se présentant comme
les «garants de la vérité », étant
tout aussi dangereux que ceux qui sont gratuits…
En
réalité, il n’existe pas de «
prix-vérité ». L’informatique et les
statistiques recoupent les prix de biens qui ont été
vendus (exemple : statistiques des chambres de
notaires) et n’offriront toujours que des REFERENCES PASSEES !
Il faut du temps pour rassembler toutes les données,
qu’elles proviennent des notaires, des agents immobiliers ou de
l’INSEE. La conjoncture est fluctuante, par définition. Il
est ainsi erroné de se baser sur les statistiques des mois
antérieurs pour mettre son bien immobilier sur le marché
aujourd’hui.
VERSAILLES + : et
que pensez-vous du relationnel, il y a bien des affaires qui se font
entre connaissances, en se passant d’intermédiaires
professionnels (agences immobilières)?
John K :
Oui bien sûr ! Mais cela reste un marché différent,
je l’ai déjà dit dans ces colonnes. La
mentalité française est différente de
l’anglo-saxonne où plus de 90% des transactions sont
réalisées par les professionnels. Certains ne
s’embarrassent pas de céder leur voiture ou leur bien
immobilier eux mêmes en supportant tous les obstacles du
processus de vente ou de location. L’éternel doute demeure
dans le fait que, sans intermédiaire, le propriétaire et
le preneur (acquéreur ou locataire) n’ont aucune assurance
de conclure au prix le plus juste. En tant qu’acquéreur
par exemple, que penser du prix d’une maison ou d’un
appartement mis en vente (ou en location) par un propriétaire
qui s’est basé sur une « information »
d’un voisin, d’un commerçant ou de « la rumeur
du quartier » ?
En tant que
propriétaire, en outre, est-on sûr de vouloir «
brader » son bien en 48 heures parce qu’on l’a mis
sur le marché avec un prix trop pessimiste …
conseillé par une relation ? Chaque bien, rappelons-le, est
différent et possède des caractéristiques propres
dont la comparaison mérite un peu plus de réflexion.
Ainsi, le bien complètement surcoté : soit il trouve un
preneur (qui sera lésé pour avoir saisi un logement
beaucoup trop cher), soit il n’en trouve pas et restera sur le
marché pendant une très longue période qui
conduira à sa dépréciation. A l’inverse le
bien sous-estimé sera acquis rapidement par une personne qui
fera une très bonne « affaire » au détriment
du propriétaire. Ne rassurez pas trop vos lecteurs, dans la
très grande majorité des cas, les particuliers qui
essaient de vendre ou louer leur bien en se passant d’une agence
immobilière tentent toujours un prix bien supérieur
à la réalité du marché, et à
l’estimation « commission comprise » de l’agent
immobilier professionnel.
VERSAILLES + : Vous prônez donc l’estimation immobilière par les professionnels ?
John K :
elle a plusieurs mérites parmi lesquelles :
l’indépendance; car l’agent immobilier a toujours
deux clients : le propriétaire et l’acquéreur (ou
le locataire). Il se doit donc de conclure la transaction avec LA SATISFACTION DES DEUX PARTIES
s’il veut assurer la pérennité et l’image de
marque de son fonds de commerce. Il faut aussi continuer de croire au
système de libre concurrence entre l’offre et la demande.
La crise que nous vivons actuellement purge les velléités
des plus cupides. Il faut, de toute manière, être
indulgent envers ceux qui ont tenté de vendre ou louer leur bien
par leurs propres moyens … sans succès !
Notre équipe
est et sera toujours heureuse de les aider à gagner du temps et
concrétiser leur projet dans les meilleures conditions.
C’est le jeu, a-t-on coutume de dire, et nous sommes toujours
bons joueurs chez MONTE CRISTO Immobilier !
A bientôt
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N°
24 - septembre 2009
LA RENTREE 2009
VERSAILLES
+ : la
rentrée 2009 s’annonce difficile d’un point de vue
général pour l’économie française et donc pour l’immobilier.
Quel est votre sentiment sur la situation ?
John
KAVRAKOFF (directeur de MONTE
CRISTO
Immobilier) : de
nombreux médias nous informent que l’ «essentiel
» de la crise est derrière nous et c’est
scandaleusement démagogique. Il faut plutôt suivre les
analyses des économistes qui, à l’inverse,
démontrent le pessimisme des indicateurs mondiaux : augmentation
des endettements nationaux, montée du chômage un peu
partout, peur de la reprise de l’inflation, baisse de la
croissance, baisse du pouvoir d’achat, etc. Si
l’on ajoute une crise de confiance sans précédent
pour le monde de la finance et des banquiers, vous obtenez une crispation du processus de la transaction immobilière. L’acquéreur, dont le désir de posséder un bien immobilier en France (résidence principale, secondaire ou locative) n’a pas faibli, a besoin de CONFIANCE EN L’AVENIR. Il accepte de se porter acquéreur, c’est-à-dire, dans la majorité des cas, se séparer de ses économies et d’emprunter sur long terme, qu’aux conditions expresses que le climat économique soit serein et que la pérennité de sa vie personnelle ou de sa famille ne soit pas en danger dans cet acte si important.
VERSAILLES + : Vous observez tout de même des mouvements au sein du secteur dans lequel vous travaillez ? Tout n’est pas si noir, rassurez-nous ?
John K : Malgré cette situation, la demande de logements est toujours constante en achat comme en location. Dans la crise que nous vivons, il y a un peu d’oxygène. Par exemple : les taux des emprunts bancaires aux alentours de 4 % qui permettent à de nombreux acquéreurs de concrétiser leur projet. Notre société a même trouvé du financement à 2,85 % hors assurances pour les clients qui signent chez nous (voir conditions en agence). Nous avons la chance de travailler principalement sur les communes de Versailles et le Chesnay et, à ce titre, constater que le marché n’est pas complètement sclérosé en matière de transactions. Il
faut cependant avouer que le nombre d’acquéreurs a
diminué et que le nombre de visites de biens immobiliers a
fortement augmenté avant d’obtenir une offre
d’achat. Ainsi, comme pendant la précédente crise
de la guerre du Golfe, dans les années 90, les
propriétaires qui essaient de vendre par eux-mêmes, sans
passer par un intermédiaire, éprouvent de grandes
difficultés devant la raréfaction de
l’acquéreur et de ses exigences toujours plus croissantes
!
Durant l’année 2008, l’équipe de MONTE CRISTO Immobilier a réalisé en moyenne l’équivalent d’une TRANSACTION tous les 4 jours
sur Versailles et Le Chesnay. Il est d’autant plus évident
de profiter des services d’un véritable professionnel de
l’immobilier en période difficile qu’en situation
d’euphorie. Certains l’ont bien compris.
VERSAILLES + : Quels conseils pour les propriétaires qui souhaitent vendre leur bien immobilier ?
John K : Avant tout, bien définir son besoin. Par exemple, on
ne peut pas espérer vendre sa maison ou son appartement ...
très vite, très cher et sans problème. Beaucoup de
ceux qui essaient par eux-mêmes enchaînent les
déceptions. Ils passent des mois entiers à
répondre aux appels téléphoniques, sacrifient
leurs week-ends et d’innombrables soirées à
recevoir des visites de clients potentiels pour finalement baisser leur
prix. Initialement estimé par … un agent immobilier
qu’ils avaient consulté au début de leur
démarche ! Et lorsqu’ils trouvent un éventuel
acquéreur pour fixer un rendez- vous de signature chez le
notaire, la probabilité du désistement de la vente est
très forte. L’intéressé annule la vente
grâce à la clause du délai de rétractation
ou du refus de prêt bancaire. Trouver un client ciblé et
sérieux ne relève pas de la chance.
« Si notre métier d’intermédiaire était inutile, on n’existerait pas … ».
A celles et ceux qui souhaitent réussir leur transaction, le
meilleur de mes conseils est de sélectionner l’agent
immobilier professionnel de son secteur. C’est un prestataire de
service, un acteur important de la cité. Il connait parfaitement
le secteur sur lequel se situent les biens immobiliers et
maîtrise tous les aspects juridiques de la transaction. Aspects
qui deviennent chaque année de plus en plus complexes. Je note
ces derniers mois qu’il y a de plus en plus de clients qui ont
résolument tourné le dos à certains sites internet
mettant en relation les particuliers directement. Ils désirent
plus de conseils, plus de services et surtout souhaitent
acquérir ou louer AU JUSTE PRIX. Ils n’acceptent plus de
perdre du temps à visiter des affaires qui sont 20 ou 30 %
au-dessus du marché. Nous n’en finirons pas de remercier
tous les acquéreurs et les propriétaires qui nous ont
fait confiance et continuent de nous recommander pour la
qualité de nos prestations et conseils. Merci à eux et bienvenue aux nouveaux.
A bientôt.
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N°
23 - juin 2009
IMMEUBLES
OCCUPÉS OU VIDES, MURS DE BOUTIQUE ET VIAGERS
VERSAILLES
+ : Vous avez développé une activité
généraliste de transactions sur le secteur
de Versailles et le Chesnay depuis quelques années.
Aujourd’hui, vous lancez un département
Investissements à l’attention de celles
et ceux qui souhaitent vendre certains types de biens
immobiliers. Pouvez-vous décrire
votre activité ?
John
KAVRAKOFF (directeur de MONTE
CRISTO
Immobilier) : la baisse des
taux en matière de placement financier a beaucoup
contribué au retour des investisseurs qui
avaient déserté l’immobilier durant
la période haussière que nous venons de
vivre. Avec des livrets A et des livrets de développement
durable (anciennement Codevi) rémunérés
à 1,75 %, des CEL à 1,25 %, des PEL à
2,50%, des comptes à terme aux alentours de1,50
% brut, des SIVAC
monétaires et obligations qui
stagnent entre 1 et 2 % et des contrats d’assurance-vie
dont le rendement moyen net est passé en 10 ans
de 5,60 % à 3,80 / 3,90 % en 2008 (source Les
Échos mars 2009), il est devenu en effet intéressant
à nouveau d’étudier des offres en
matière de rendement locatif dans l’immobilier.
En ce qui concerne la bourse, elle reste certes un placement
financier rentable sur long terme mais avec un CAC 40
qui a perdu près de 50 % de sa valeur l’année
dernière, il est légitime à certains
épargnants de préférer la sécurité
de la pierre. Beaucoup ne me contrediront pas.
Les investisseurs qui nous sollicitent régulièrement
sont des personnes physiques (voire des SCI familiales)
et des personnes morales représentant des institutionnels
(banques, assurances, mutuelles, caisses de retraite,
etc.), des marchands de biens ou des promoteurs. Nous
intervenons comme intermédiaire mandaté
afin d’orienter, conseiller et rapprocher les
uns et les autres, comme dans notre activité
classique d’agent immobilier.
VERSAILLES
+ : Quel type de biens recherchez-vous pour cette clientèle
?
John
K : tous types d’immeubles
occupés ou libres, des murs de boutique et aussi
des viagers occupés ou libres sur une grande
partie de la région parisienne, incluant bien-sûr
les Yvelines. Nous recherchons des biens qui offrent
un rendement naturellement supérieur à
ce que proposent les offres décrites ci-dessus
pour la raison simple que l’immobilier contraint
le propriétaire à des obligations caractéristiques
plus contraignantes qu’un contrat d’assurance-vie
par exemple. Il y lieu de provisionner des charges comme
les travaux récurrents de rénovation sur
les immeubles, les risques d’impayés des
locataires, ceux des indemnités d’éviction
parfois, les frais de gestion et certaines taxes comme
notre régime fiscal national en exige le paiement…
MONTE CRISTO Immobilier
apporte son expertise indépendante, ses conseils
patrimoniaux et son approche dynamique sur la stratégie
globale de la transaction. Nous sommes appuyés
par des juristes, des fiscalistes et des notaires spécialisés
dans ce type d’activité.
VERSAILLES
+ : quel service offrez-vous à celles et ceux
qui désirent céder ces biens immobiliers
?
John
K : le
plus important d’entre eux se résume en une assistante
complète pendant toute la phase de vente avec une réelle
détermination à créer la meilleure transaction
pour les deux parties, le Vendeur comme l’Acquéreur. De
même que j’invite tous les propriétaires
à « exploiter » la connaissance du
marché par le professionnel (le vrai ! sic), son
expérience, son indépendance, sa notoriété,
sa palette d’actions commerciales et sa force de vente, je
réitère encore plus, pour les transactions importantes
comme celles de la vente d’immeubles ou de murs de boutique,
l’intérêt essentiel et fondamental de
s’associer à un partenaire professionnel.
En aimable réponse
à celles et ceux qui souhaitent vendre ce type
de biens et m’ont déjà consulté,
je profite de cette tribune pour leur confirmer que… malheureusement, il existe très
peu d’investisseurs qui se contentent d’une
rentabilité de 4 ou 5% brut pour signer chez le notaire. Il faut raison garder. Et que leurs
« conseils » ou « experts »
qui ont évalué leurs biens à un
prix bien plus élevé présente un acquéreur ou investissent eux-mêmes
avec leurs propres deniers !
A bientôt
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N° 22 - mai
2009
OUVERTURE
DE MONTE CRISTO Le Chesnay
52,
rue de Glatigny 78150 LE CHESNAY Tél :
01 39 55 26 26
VERSAILLES
+ : Alors
que des agences immobilières baissent le rideau,
vous inaugurez un nouveau point de vente dans la ville
du Chesnay. La crise vous touche-t-elle ?
John
KAVRAKOFF (directeur de MONTE CRISTO Immobilier):
Évidemment, comme tous nos confrères
et la majorité des commerçants. Alors
que nous avions enregistré une augmentation de
près de 30 % de notre chiffre d’affaires
en 2008 par rapport à 2007, le 1er trimestre
2009 s’inscrit en léger recul par rapport
à celui de 2008. Néanmoins, étant
donné la demande importante de certains biens
que nous constatons par le nombre croissant de visiteurs
sur notre site Internet et par les nouveaux acquéreurs
au sein de notre agence à Versailles, nous nous
devions de mettre au service de nos clients une nouvelle
structure adaptée. Impossible de rester statique
devant les sollicitations d’une clientèle
toujours plus exigeante lorsque l’on a comme définition
identitaire « agence active ». Définition
d’ailleurs copiée par certains alors qu’ils
ne savent ni répondre, ni intervenir dans des
délais dignes de l’adjectif…
VERSAILLES
+ : Qu’apporte la création de cette nouvelle
structure aux portes de Versailles, dans un contexte
aussi concurrentiel ?
John
K :
En fait, il s’agit de développer la
synergie de deux équipes qui, chacune, enregistre
des offres et des demandes, parfois complémentaires.
Depuis toujours, les Versaillais et les Chesnaysiens
croisent leur parcours en matière d’habitat
et notamment pour les biens familiaux. Ainsi, nous avons
choisi de nous implanter au pied du Plateau Saint-Antoine,
au grand carrefour de l’avenue de Bellevue et
de la rue de Glatigny, afin d’être au plus
près des propriétés et demeures
susceptibles de correspondre à notre clientèle
versaillaise demandeuse. Et notre clientèle parisienne
se joint à elle. Comme notre situation
sur Versailles, à l’angle de la rue de
la Paroisse et de la rue des Réservoirs, c’est
un emplacement n°1, idéal pour accueillir
celles et ceux ayant un projet immobilier. En ce qui
concerne le contexte concurrentiel que vous évoquez,
j’estime que « le soleil brille pour tout
le monde » et qu’il existe un marché
disponible tant en matière qualitative que quantitative.
Notre approche commerciale de la transaction dans son
ensemble, notre force publicitaire, notre détermination
à satisfaire les besoins et l’efficacité
de notre stratégie sauront, je l’espère,
convaincre les plus récalcitrants.
VERSAILLES
+ : Certains agents immobiliers sont parfois chahutés
et contestés sur leur secteur. Qu’en pensez-vous
?
John
K : Attention au terrain glissant des
convictions toute faites ! L’immobilier est un
terreau de discussions exaltées. « Contesté,
c’est être constaté ! ». Même
si je crois que beaucoup d’entre eux sont des
professionnels sérieux, je me garderai de répondre
à leur place. Il existe parfois des problèmes
de communication dus à des incompréhensions.
Je pense aussi à un notaire versaillais, à
la réputation établie depuis des décennies,
qui recueille, parfois, l’assentiment de certains
clients lorsque l’application précise qu’il
fait de sa profession est incomprise. Tout le monde
s’accorde portant à le placer comme l’un
des meilleurs juristes de la place. Force est de constater
que le professionnalisme, le vrai, fera toujours grincer
des dents. Mais sont-ce de vrais clients, ceux qui souhaitent
enfreindre les lois du transfert de propriété
?
Je m’efforce depuis un bon nombre d’années,
de promouvoir le métier d’agent immobilier
en argumentant sur les avantages et l’intérêt
de nos prestations devant l’amateurisme ici
et là de quelques particuliers qui souhaitent
économiser nos honoraires (certains
d’entre eux exigeant un prix supérieur
de 20 à 30 % au-dessus de nos estimations arguant
à l’acquéreur potentiel qu’il
n’y a pas de commission d’intermédiaire
!).
A titre d’exemple
de contestation (somme toute assez rare…), et
au même titre que le notaire pour la préparation
d’un acte de vente, nous avons besoin de documents
incontournables tels que le titre de propriété,
le règlement de copropriété (pour
un lot de copropriété), les différents
diagnostics techniques (amiante, termites, plomb, électricité,
gaz, performance énergétique…),
l’identité et le statut des parties, etc.
Refuser de les soumettre au moment nécessaire
met le rédacteur de l’acte dans l’impossibilité
d’exécuter sa mission. De même, l’agent
immobilier professionnel se doit de réunir un
certain nombre de pièces dans son dossier de
commercialisation lorsqu’il signe le mandat de
vente, point de départ de toute transaction.
Il est impensable de présenter décemment
un bien immobilier à un acquéreur sans
lui apporter un minimum de précisions techniques
et d’éléments caractéristiques.
Il s’agit d’une prestation légitimement
demandée par tout véritable acquéreur.
Et tant pis pour celles et ceux qui nous « chahutent
» parce qu’ils croient qu’un client
peut acheter un bien immobilier aussi facilement qu’un
paquet de bonbons… Tant qu’il y aura un
notaire et un agent immobilier professionnel pour les
empêcher d’y croire !
A bientôt
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N° 21 - Avril
2009
AVEC
L'ARRIVEE DU PRINTEMPS,
LES MARRONNIERS SONT DE RETOUR
VERSAILLES
+ : Les
médias ne nous épargnent pas
leurs commentaires sur cette période de
crise qui fait beaucoup de dégât dans l’immobilier,
chez les clients comme les professionnels.
Quel est votre avis ?
John KAVRAKOFF (directeur de MONTE CRISTO Immobilier)
: Les marronniers fleurissent tous
les printemps. Les sujets récurrents des médias
aussi. En ne citant ici que les magazines d’actualité
comme exemple de médias, on retrouve chaque année
les mêmes articles qui font vendre des milliers
d’exemplaires et qui ne profitent qu’aux
mêmes éditeurs. Parmi les records habituels
des «enquêtes» récurrentes
de ces hebdomadaires, on constate les mêmes couvertures
en 1ère page : le palmarès des fortunes
françaises, les meilleures écoles, les
meilleurs hôpitaux et bien sûr les prix
de l’immobilier. La crise n’est pas un désastre
pour la presse commerciale… Leurs enquêtes
dans le domaine de l’immobilier ne sont constituées,
en général, que de témoignages
singuliers ou de statistiques pas toujours actualisées.
Elles s’étendent rarement en profondeur
dans leurs articles (faute d’espace suffisant
et de temps d’investigation), engendrant une vision
monochrome de la réalité des marchés.
Les mécanismes de crise n’étant
pas toujours bien expliqués, nous assistons à
un attentisme légitime de la clientèle.
VERSAILLES
+ : Vous reprochez à ces médias de ne
pas développer leur sujet, si l’on comprend bien.
Qu’attendez-vous d’un bon article sur l’immobilier
?
John
K : D’être éclairé
sur d’autres aspects que le prix au m2 de tel
et tel quartier ou les exemples d’appartement
ou de maison récemment vendus (qui n’apportent
rien à la connaissance empirique d’un marché).
Je m’attriste des commentaires réducteurs
que l’on peut lire dans ces numéros consacrés
au marché immobilier. Les biens sont la propriété
de personnes physiques ou morales et sont uniques. Chaque
maison, chaque appartement a une histoire et possède
ses points forts et ses points faibles. Les clients,
qui nous sollicitent pour évaluer et vendre leur
bien, s’intéressent aux critères
qui conduisent à l’élaboration du
futur prix de vente ou de location. A l’opposé,
d’autres personnes comparent et fixent leur prix
uniquement par rapport à des statistiques, ce
qui manque indéniablement d’objectivité.
L’évaluation d’un bien ne doit pas
se résumer à la multiplication de sa surface
habitable avec le prix au m2 en vigueur … sur
un magazine ou un site Internet! Que penser des évaluations
(payantes !) produites par les sites Internet destinés
aux particuliers ? Aucun ordinateur ne peut prétendre
rivaliser avec un professionnel qui, lui seul, se déplace
quotidiennement et constate tous les aspects qualitatifs
du bien à expertiser.
A titre d’exemple, l’informatique ne pourra
jamais évaluer la notion de « coup de foudre
» d’un bien immobilier ! Plus que jamais,
je profite de cette tribune pour saluer mes confrères
professionnels qui travaillent tous les jours pour satisfaire
leurs clients grâce à leur expérience
du marché.
VERSAILLES
+ : Quelles sont les conséquences des informations
tirées sur Internet et des statistiques exposées
par les médias ?
John K :
Elles sont nombreuses et parfois dramatiques.
L’une d’entre elles se situe dans la désillusion,
aussi bien pour les propriétaires que les acquéreurs.
Beaucoup perdent du temps. Les uns, en mettant leur
bien en vente pendant des mois (voire un an ou deux),
assumant seuls les visites stériles et la publicité
coûteuse (parfois sur le même site Internet
qui a «effectué l’expertise»).
Les autres, en ne trouvant pas
le logement idéal au prix indiqué par
les médias. On ne peut pas aussi simplement se
fier à des moyennes de prix qui alimentent la
confusion des esprits des personnes ayant
un projet immobilier. Non, les prix ne débutent
pas à VERSAILLES à 3 800 euros le m2 et
ne plafonnent pas non plus à 5 000 euros le m2
comme je viens de le lire dans un hebdo connu ! Il existe
des exemples en dessus
et en dessous.
A bientôt
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N° 20 - Mars 2009
EXCLUSIVITE
OU PAS EXCLUSIVITE
VERSAILLES
+ : lorsque
l'on on souhaite mettre en vente ou en location son
bien par une agence immobilière, la loi impose
la signature d’un mandat de vente entre les parties.
Quel est l’intérêt du client ?
John KAVRAKOFF (directeur de MONTE
CRISTO
Immobilier) : L’agent
immobilier doit posséder une carte profes-
sionnelle pour exercer son métier fortement réglementé.
Il ne peut négocier ou s’engager à
l’occasion d’opérations spécifiées
à l’article 1er de la loi du 2 janvier
1970, sans détenir un mandat écrit préalablement
délivré à cet effet par le client.
Le mandant peut être vendeur (plus fréquemment)
ou acquéreur. Nous appliquons depuis l’article
.72 du décret n° 72-678 du 20 juillet 1972,
lui-même modifié par le décret n°
95-818 du 29 juin 1995. Le mandat précise son
objet et contient les indications prévues à
l’article 73. L’intérêt principal
du mandat de vente ou de location consiste ainsi à
définir les obligations du mandant et du mandataire,
la rémunération de l’agent (en général
à la charge de l’acquéreur), préciser
la désignation du bien et rappeler les réglementations
relatives à l’immeuble (entre autres, les
éléments constitutifs du dossier des diagnostics
techniques). Travailler sans mandat est illégal
et supprime toute garantie quant à la détermination
et l’encadrement de la mission. Les avocats prospèrent
grâce à ces manquements… J’ajoute
que l’acquéreur a, lui, un intérêt
tout particulier et considérable à rechercher
son bien avec une agence dûment mandatée.
Nous reviendrons sur ce sujet prochainement.
VERSAILLES
+ : la
plupart des agences immobilières réclame
un mandat exclusif arguant d’une meilleure motivation
et de moyens publicitaires supérieurs pour conclure
l’affaire. Est-il démontré que l’on
réussit mieux à vendre ou à louer
dans ces conditions ? Qu’en pensez-vous ?
John
K : en effet, pour ce qui
est de la première partie de votre question,
de nombreux professionnels demandent à être
seuls représentants de la mission de vendre ou
louer le bien immobilier. Ce n’est pas nouveau
et cela perdurera dans la mesure où les résultats
sont là. S’ils possèdent l’organisation
et les moyens déclarés, leur prétention
est justifiable. Avec près de 20 ans d’expérience
et près de 1 000 transactions vécues,
je ne peux que confirmer l’action de certains
de mes confrères puisque j’ai personnellement
davantage concrétisé les affaires que
l’on m’a confiées en exclusivité.
En qui concerne la structure de MONTE
CRISTO Immobilier, à Versailles,
et à quelques exceptions avouables où
le mandant refusait systématiquement de s’adapter
au marché, nous mettant dans l’impossibilité
de satisfaire le contrat, nous avons conclu, en 2008,
87,5 % de nos mandats exclusifs.
L’agent immobilier n’est pas un prestidigitateur
et il lui est impossible de vendre ou louer ne serait
ce qu’à 20 % au-dessus du marché
aujourd’hui. Il doit avoir, au-delà de
la forme du mandat, la confiance du propriétaire.
L’acquéreur et le locataire ont fait leur
mutation. Ils sont bien plus informés et éveillés
qu’autrefois, et ce notamment grâce à
Internet.
VERSAILLES
+ : certains restent cependant sceptiques
et, même s’ils reconnaissent avoir besoin
de votre profession, ils n’apprécient pas
toujours le fait d’être « menottés
».
John
K : pour reprendre le ton
ironique et indépendant de ce journal dont beaucoup
de vos lecteurs se délectent à sa lecture,
je répondrai que les propriétaires, ayant
confié leur(s) bien(s) à certains agents
immobiliers sans pouvoir pour autant aboutir à
la conclusion heureuse de leur affaire, ont fait preuve
d’un peu de crédulité, voire de
naïveté. Ils sont autant responsables de
leur échec et d’avoir fait confiance à
une agence immobilière sans grands moyens avec
un budget publicitaire minime (réduit à
une annonce sur un seul site internet ou journal local,
etc.), une équipe trop restreinte sans disponibilité
suffisante et une implication trop légère
de toute évidence, que celle-là d’avoir
réclamé ce type de mandat qui force l’obligation
de moyens… qu’elle ne possède pas
! La responsabilisation du propriétaire fait
l’objet de toutes les informations, la satisfaction
de ceux qui deviennent nos clients un enjeu quotidien
et essentiel. Et pour ceux qui s’estiment «
menottés » par un mandat exclusif, ils
n’ont qu’à demander aimablement à
leur mandataire de les délivrer. L’erreur
est humaine mais pardonnable si elle est comprise.
A bientôt
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N° 19 - Février 2009
La
stratégie de transition d’un logement
VERSAILLES
+ : que recommandez-vous comme méthode de transition
au propriétaire qui souhaite changer de
logement ?
John KAVRAKOFF (directeur de MONTE
CRISTO
Immobilier):
voilà encore un sujet intéressant
à développer, source de diverses hypothèses
et conseils que nous réservons quotidiennement
à nos clients. Dans le cas où le propriétaire
d’un bien immobilier souhaite changer de logement,
il existe principalement deux méthodes. Soit
il met en vente son bien, attend de signer un compromis
de vente, puis acquiert un nouveau bien immobilier ensuite.
Il y a un avantage et un inconvénient. Soit il
acquiert d’abord le bien qu’il souhaite,
puis met en vente le sien. Cette seconde pratique génère
également un avantage et un inconvénient.
Dans le premier cas (il vend d’abord), l’avantage
conduit indubitablement à une certaine sérénité
puisque le vendeur a pris le temps de mettre en vente
son appartement ou sa maison sans pression, ni stress,
puis se retrouve, après la signature d’un
compromis de vente et levée des conditions suspensives
(crédit de l’acquéreur, urbanisme,
hypothèque, droit de préemption de la
ville, etc.) pratiquement certain de toucher le prix
de vente. L’inconvénient réside
dans le fait que le délai de l’avant-contrat
(généralement de 3 mois) ne lui laisse
que peu de temps pour trouver un nouveau bien qui corresponde
convenablement à ses besoins.
Louer un logement
à titre provisoire constitue une alternative
mais cette solution crée également un
inconvénient : s’il acquiert après
avoir déjà loué, il comptera un
double déménagement et emménagement.
Pas toujours évident lorsque l’on évoque
les soucis de scolarisation, de transports, et d’implantation
dans un quartier d’une manière générale.
D’autre part, il faut rappeler que l’offre
en location n’étant pas pléthorique,
le Vendeur aura également des difficultés
à se loger à son goût, même
sur du court terme.
Dans le second cas (où l’on opte pour l’achat
en premier), il convient de se préparer à
une mise en vente rapide, quitte à accepter une
baisse significative de son prix. Et, s’il ne
trouve pas acquéreur dans le délai du
compromis de vente, le propriétaire-acquéreur
devra mettre en route un prêt-relais pour assurer
le financement de son acquisition le jour de la signature
de l’acte authentique chez le notaire. Nous conseillons
d’ailleurs, dans cette hypothèse, de monter
un dossier de crédit dès le lendemain
de la signature du compromis de vente, par prudence.
L’avantage, ici, est le fait d’avoir saisi
éventuellement une opportunité d’acquérir
un appartement ou une maison qui corresponde davantage
à ses besoins que ne procure le bien déjà
en propriété. Il y a dans ce cas de figure
une dimension réactive, voire de confort et de
plaisir. En revanche, si le prêt-relais s’éternise,
la situation financière peut, selon les cas,
devenir très préoccupante, rendant amère
l’opération menée.
VERSAILLES
+ : laquelle de ces deux méthodes préférez-vous
finalement, étant donné la conjoncture,
et quels conseils donnez-vous
à vos clients et nos lecteurs ?
John
K : la réponse n’est
pas catégorique, bien que la première
hypothèse (celle de vendre d’abord, et
acquérir ensuite) soit plus rassurante en période
de crise économique. En effet, nous avons effectué
plusieurs transactions en 2008 avec synchronisation
parfaite des achats et ventes, en épargnant à
nos clients de ces « ventes en chaîne »
les prêts-relais, les locations provisoires et
les… couchages sous les ponts ! Nous avons quelques
secrets pour faire coïncider les opérations
d’achat et vente. Les différents acteurs
de ces ventes doivent néanmoins faire preuve
de souplesse, de compréhension et de bonne volonté.
Une fois de plus, le propriétaire qui s’engage
à céder ou acquérir un appartement
ou une maison et nécessite un timing précis
pour la signature de ses opérations, doit faire
confiance aux professionnels de l’immobilier.
Ils maîtrisent les tenants et aboutissants des
différents paramètres pour ces mutations
délicates.
A bientôt
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n° 18 - janvier 2009
Le
marché de dupe des agencettes immobilières
VERSAILLES+
: nous constatons
l’ouverture d’agences immobilières
à frais réduits. Qui sont elles ? Représentent-elles de
la concurrence ?
John
KAVRAKOFF (directeur de MONTE
CRISTO
Immobilier): l’embellie
passée dans le domaine de l’immobilier (+
140-150 % de plus-value en dix ans) a permis notamment
à certaines micro-agences de voir le jour. Ce
n’est pas nouveau. Elles sont exploitées
par une seule personne, voire deux. Pour les rares clients
qui leur confient un mandat de vente, elles n’investissent
qu’un faible budget publicitaire qui se limite
souvent à une annonce sur le journal local et
un seul site internet. Elles n’ont pas «
pignon sur rue », ne pouvant pas acheter un pas-de-porte
en centre-ville (pourtant essentiel pour attirer la
clientèle) exerçant ainsi en « appartement ou en maison ».
Pour certaines d’entre elles, on note aussi qu’elles
n’affichent qu’un numéro de mobile
sur leurs publicités. Ce qui n’est pas
rassurant. Elles allèchent les propriétaires,
désireux de vendre leur bien immobilier avec
deux arguments principaux leur soit-disant relationnel
et leur taux de commission qu’elles définissent
comme low-cost (2 à 3 % du prix de vente). En
réalité, elles représentent une
part infime des transactions, à tous les niveaux
et créent une concurrence de dupe qui ne trompera
pas la clientèle lucide.
VERSAILLES + : sont-elles efficaces en termes de résultats,
les clients y gagnent-ils ?
John K :
en termes qualitatifs, connaissez-vous
un notaire qui réalise un acte authentique de
vente, un médecin une opération chirurgicale,
un avocat un dossier de plaidoirie… en étant
tout seul dans son cabinet ? Non. Personnellement, je
pense que ces « agencettes » sont même
trop chères, dans la mesure où elles réclament
pratiquement autant que les grandes agences immobilières,
sans la qualité des services, l’importance
fondamentale de leur fichier clients et surtout les
résultats qu’elles obtiennent. En voulant
économiser 3000 ou 4000 € sur les frais
d’agence, certains propriétaires peuvent
perdre 80 000 à 100 000 € sur la vente de
leur bien, du fait qu’on ne leur présente
qu’un ou deux acquéreurs sérieux
au final. Il y a plus de 20 000 agences immobilières
en France. Il faut rappeler que ce sont de véritables
entreprises ! Et je salue sincèrement mes confrères
dans la conjoncture difficile. Pour la plupart, ce sont
de véritables PME avec un chef d’entreprise
expérimenté, une assistante, des commerciaux…
et beaucoup de frais. En investissant autant, ces professionnels
jouent pleinement leur rôle de rapprocher l’offre
et la demande, comme tant d’autres professions
honorables.
Néanmoins, le « soleil brille pour tout
le monde » et l’émergence de ces
«micro-agences» est une réalité
pour une poignée de clients à qui elles
promettent des acquéreurs. Mais pour combien
de temps ?
VERSAILLES
+ : où se trouve, selon vous, le piège
de ces petites structures ?
John
K : notre métier est
de répondre aux attentes de nos clients. Je l’ai
dit : «pour s’assurer de vendre dans les
meilleures conditions et au meilleur prix, un véritable
arsenal d’actions commerciales est nécessaire».
Sauf coup de chance (mais on ne peut raisonnablement
compter dessus), nous mettons en oeuvre un ensemble
de moyens considérables pour satisfaire l’acquéreur
et le vendeur. Trouver le bien idéal pour l’un,
l’acquéreur solvable au prix souhaité
pour l’autre, c’est un métier à
temps plein. Que penser
d’une personne seule, qui s’est aménagé
un petit bureau dans sa maison ou son appartement, travaillant
en robe de chambre et pantoufles, allongée sur
son canapé devant la télévision,
téléphone portable à la main, se
prétendant un « professionnel reconnu de
l’immobilier » ?
L’un de nos clients m’a confié
sa récente expérience avec l’une
d’entre elles qui se résume à travers
une longue conversation téléphonique vécue
: on tentait de lui arracher une offre d’achat
à 750 000 € pour un bien immobilier en lui
faisant entendre involontairement, par son téléphone
portable, le bruit des caisses du supermarché
puis, un peu plus tard, celui de la sortie d’école
des enfants. Avis aux propriétaires qui souhaitent
valoriser la mise en vente de leur propriété.
Il y a une certaine hypocrisie à faire croire
aux propriétaires que « l’on puisse
aisément vendre des affaires sous le manteau,
sans publicité. Que les agences avec vitrine
ne recueillent finalement que des touristes et des curieux
». Certes, on peut toujours vendre mais dans quel
délai et surtout à quel prix quand on
a finalement que quelques connaissances croisées
à la sortie de l’église ou l’école
des enfants ?
Rappelons que : plus on a les moyens d’investir,
plus on a de clients potentiels et plus on concrétise
de ventes au niveau de prix requis. En résumé,
vendre sa maison « en relationnel », c’est
possible mais pas du tout suffisant pour garantir au
propriétaire de toucher le maximum de clients
potentiels sur le marché et donc de céder
son bien au meilleur prix. Et croyez-moi, l’acquéreur
idéal vient parfois de loin : il n’habite
pas toujours le même quartier que le propriétaire
et ses enfants ne fréquentent pas forcément
la même école que les siens... Mais c’est
sûr, ça ne coûte pas cher en investissement
pour ces «agencettes immobilières»
de propager ce bouche-à-oreille…
A bientôt
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n° 17 -
décembre 2008
Vaut-il
mieux acheter ou louer son bien immobilier
?
VERSAILLES + : Dans le contexte morose, il est pertinent
de se poser à nouveau la question importante
: «Vaut-il mieux acheter ou louer ?». Quel est votre
avis ?
John KAVRAKOFF (directeur de MONTE
CRISTO
Immobilier) : votre
question appelle plusieurs réponses possibles
parmi lesquelles un choix économique et financier,
un comportement sécuritaire et prévisionnel,
une décision d’ordre psychologique. Dans
le 1er cas,même s’il est tentant de louer
sur du moyen terme, en gardant son épargne disponible,
il convient d’évaluer la progression de
celle-ci par rapport au décaissement des loyers
qui s’additionnent tous les mois. Dans la mesure
où les possibilités d’épargner
sans prendre de risque au delà de 4 % brut (soit
un peu plus de 3% net) sont faibles, il faut comparer
ces maigres intérêts distribués
par les banques et assurances avec une inflation proche
de 3% en 2008. C’est-à-dire une épargne
quasi nulle… et il est toujours fortement périlleux
d’investir en bourse aujourd’hui du fait
de la trop forte volatilité des marchés.
On ne peut donc pas considérer que l’épargne
«paie» le loyer. Dans un marché financier
aussi instable que celui que nous connaissons, il est
utile de penser à la Pierre «valeur refuge
préférée des français».
L’immobilier, n’en déplaise aux opportunistes,
n’a jamais perdu plus de 50% de sa valeur en une
année contrairement à certaines valeurs
du CAC 40 en 2008 et ne risque pas de s’évaporer
comme peuvent l’être les dépôts
des épargnants auprès de banques…
qui feraient faillite ! En revanche, louer sur du court
terme, après avoir vendu son bien, peut s’inscrire
dans une approche stratégique intéressante
pour se re-positionner un plus tard en tant que propriétaire.
VERSAILLES + : Vous abordez la notion de sécurité
d’une manière abrupte. Et qu’en est-il
du comportement prévisionnel que vous évoquiez
?
John K : Je pense à deux axes.
Le 1er est de penser à sa retraite. L’immobilier
est un investissement à long terme. En opposition
à un portefeuille boursier ou à un contrat
d’assurances-vie par exemple, seule la propriété
de sa résidence principale permet de se loger
(et oui !). Aussi, et dans un avenir proche, il est
prévisible que des millions de personnes doivent
malheureusement faire face à un problème
très grave : celui des versements des retraites
qui ne seront plus assurés par l’état.
C’est un sujet tabou que je lève ici, sans
faire de catastrophisme, mais qui a le mérite
et le courage d’être dit : aucun gouvernement
n’ose en parler pour des raisons électorales
évidentes. Les statisticiens et économistes
le savent bien. Le rapport cotisants/retraités
ne permettra vraisemblablement pas de verser les retraites
au montant actuel. Certains actifs qui préfèrent
louer grâce à leurs revenus d’aujourd’hui
ne pourront plus payer leur loyer, lorsqu’ils
atteindront l’âge de la retraite.
Le second axe concerne la prévoyance d’assurer
un toit à sa famille dans le cas d’un accident
de la vie. Dans une 1ère hypothèse où
il y a entité familiale, l’acquéreur
emprunte pour acheter sa résidence principale
et souscrit obligatoirement à une assurance décès-invalidité
incapacité. Si ce que je ne souhaite à
personne arrive, le conjoint (et les enfants) gardera
le bien et continuera d’y vivre sans les charges
du crédit, remboursé à la banque
par l’assurance.
Dans une 2ème hypothèse où
l’on opterait pour la location de son habitation
: en cas de problème grave, il y a perte d’une
partie (voire l’essentiel) du revenu du couple.
Étant donné que le montant du loyer correspond
souvent à un tiers du salaire du couple, il sera
impossible pour le conjoint seul (et/ou les enfants)
de s’acquitter du loyer. C’est un drame
imaginable.
VERSAILLES + : et pour conclure brièvement, voulez-vous
nous développer votre conception de la décision
d’ordre psychologique ?
John K : durant
toutes ces d’années où je suis entré
dans les appartements et maisons des clients, que ce
soit à titre de conseil pour une expertise ou
bien en tant qu’agent immobilier pour les mettre
en vente ou en location, j’ai souvent recueilli
comme confidence que les locataires ne souhaitaient
pas investir dans l’état de leur habitation.
Pour certains d’entre eux, et c’est légitime
de le penser, il est «inutile» de repeindre
son logement, de refaire sa salle de bains ou sa cuisine,
d’y aménager des rangements, etc, sous
prétexte que le bien ne leur appartient pas.
Néanmoins, et je ne m’adresse évidemment
qu’à ceux qui ont le choix, c’est
une décision personnelle et chacun la respectera.
Pour d’autres, vivre dans un endroit que l’on
apprécie, y investir dans la décoration
pour son confort, et «aimer» les matériaux,
les revêtements, les couleurs et les équipements
que l’on a choisis, c’est aussi une façon
de se sentir heureux en mettant de côté
les calculs financiers. Pas toujours synonymes de bien-être,
au niveau psychologique. Pas toujours gagnants à
long terme.
A bientôt.
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